La prévention du risque de crédit (dossier spécial : risques du crédit)

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La prévention du risque de contrepartie emprunte des voies différentes selon que le risque est pris en considération individuellement ou de façon globale.

  1. La prévention individuelle du risque de crédit

    1. La prise de garanties

  • les garanties réelles

elles portent sur des biens et prennent la forme d’hypothèque lorsque un immeuble est affecté à l’acquittement d’une obligation , de gages des biens meubles sont donnés en garantie avec droit de rétention du créancier ou de nantissement lorsque le créancier n’a pas de droit de rétention .

  • les garanties personnelles

Ils sont donnés par un tiers dans le cadre de cautionnement ou d’aval. Il est très fréquent dans le cas de crédits à des PME que le banquier demande la caution solidaire du ou des dirigeants à gérer l’entreprise afin d’éviter de se voir opposer un responsabilité financière limitée aux apports et d’inciter les dirigeants à gérer l’entreprise dans l’objectif de rembourser les créanciers.

1.2 . Le partage des risques

Pour réduire son exposition au risque sur une contrepartie, une banque peut souhaiter partager l’octroi des crédits avec d’autres établissements de crédit (le cofinancement).

Avec le cofinancement, plusieurs banques se mettent d’accords pour financer une contrepartie et cet accord peut donner lieu mais cela n’est nullement obligatoire à la constitution d’un pool bancaire. une clef de répartition assigne à chaque membre du pool une quote-part dans la masse des crédits distribués et une ou deux banques du pool ayant en général les quotes- parts les plus élevés sont dites chef de file et assurent la gestion et le suivi des concours .

il y a aussi un ratio à respecter c’est le ratio de division de risque , en vertu des dispositions prudentielles , les établissement de crédit sont tenus de respecter en permanence un rapport maximum de 20% entre d’une par le total des risques encourus sur un même bénéficiaire autre que l’Etat .

    1. les clauses contractuelles

Ces clause figurent dans les contrats de crédits et leurs objectif est d’éviter que l’emprunteur accroisse le risque tel qu’il a été analysé lors de la demande de crédit ces clauses peuvent être qualifiées de garanties positives ou négatives elles sont positives lorsqu’elles obligent l’emprunteur à respecter un certain nombre d’obligation comme l’établissement régulier de comptes audités, le respect de ratios financiers ou la souscription d’une assurance crédit. Négatives, elles interdisent à l’emprunteur d’effectuer des opérations comme des cessions d’actifs, des paiements de dividendes.

  1. La prévention globale du risque de crédit

  • la division des risques

la banque ne doit pas s concentrer ses crédits sur quelques gros bénéficiaires et la réglementation à fixé des limites ses à la concentration des risques .de même le financement exclusif d’un secteur de l’activité économique ou de zone géographique accroît l’exposition au risque en cas de récession dans ce secteur ou cette zone plus la probabilité de perte est faible car à la différence des risques de marché les risques de contrepartie sont faiblement corrélé s entre eux d’où le’ fait que la division des risques constitue un des fondements de finance indirecte

  • le plafonnement des risques

il est mis en œuvre avec la fixation de plafonds qui conduisent à une allocation des risques par catégorie de contrepartie .compte tenu de niveau de risque total qu’elle est disposée à assumer, niveau déterminé par les actionnaires , et des fonds propres dont elle est dotée, une banque fixe une limite maximale au montant de ses actifs à risque de contrepartie et décline ensuite cette limite sous forme de plafonds définis par emprunteurs ou groupes d’emprunteurs par types de crédit ou par zone géographique.

Evaluation du risque de crédit (dossier spécial : risques du crédit)

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Parmi les objectifs de Bâle 2 est d’inciter les établissements de crédit à améliorer leur gouvernance ainsi que leur dispositifs de contrôle interne et de gestion des risques

  1. Le dispositif de Bâle 2 relatif au risque de crédit :

  • Les modalités de calcul des actifs pondérés au titre du risque de crédit sont fixées conformément à la méthode standard préconisée par le Nouvel accord, en vue notamment d’augmenter la sensibilité des pondérations applicables aux risques, en rapport avec les notations externes attribuées aux contreparties et leurs profils de risque.

  • Des règles uniformes pour la segmentation de la clientèle : une meilleure connaissance de la clientèle et une condition sine qua non pour une gestion efficiente du risque.

  • Un traitement plus précis des engagements de hors – bilan

  • Le dispositif intègre également de nouveaux aspects ayant trait aux techniques d’atténuation du risque de crédit (ARC), à travers l’élargissement de l’éventail des sûretés et des garanties éligibles.

  1. évaluation du risque de crédit aux particuliers

L’évaluation du risque de crédit aux particuliers s’opère soit par une approche traditionnelle soit par une approche statistique, le crédit scoring.

    1. approche traditionnelle

L’approche traditionnelle utilise le jugement de l’analyste-crédit sur la capacité et la volonté de l’emprunteur à rembourser son crédit, l’analyse du risque et en fonction de la nature du crédit à la consommation ou immobilier.

  • crédit à la consommation.

À court terme, demandés généralement pour financer l’achat d’un bien d’équipement déterminé ou pour financer un besoin que l’emprunteur ne précise pas.

Comment évaluer le risque de ces crédits ?

il convient d’abords de collecter en premier lieu les informations nécessaires de l’emprunteur.

Ensuite l’évaluation du risque de crédit s’appuie sur les trois éléments :

  • Le crédit représente un montant raisonnable des revenus ,2 ou 3 mois de revenu général de l’emprunteur.

  • Les revenus ont un caractère récurrent et l’emprunteur n’est ni surendetté ni sujet aux incidents de paiement.

  • la prise des garanties est demandée.

  • crédit immobilier

A long terme que les crédits à la consommation, ils ont aussi un montant plus élevé. L’évaluation de leur risque s’effectue selon la même démarche.

collecte d’informations et prise en compte des trois éléments basiques mais adaptés au cas de crédit à long terme ainsi :

  • le montant du crédit est en fonction de la valeur du bien immobilier financé.

  • capacité de l’emprunteur de rembourser dont il ne parait pas souhaitable que les charges de remboursement intérêt et amortissement de l’emprunt excèdent 25 à 30% de ses revenus.

  • assurance- crédit : afin que la banque garantit en cas de disparition des revenus quelle qu’en soit la cause, décès, chômage ou incapacité.

  • le bien immobilier fait l’objet d’une hypothèque au profit du prêteur.

    1. Approche statistique ( le crédit scoring)

Le crédit scoring est une technique qui technique qui s’efforce de synthétiser le risque de contrepartie au moyen d’une note (score) en affectant à chaque information représentative de la solvabilité de l’emprunteur une pondération.

le total des pondérations comparé à une note limite préalablement établie permet de prendre immédiatement une décision d’accords ous de refus de la demande de crédit.

Le crédit scoring relève des méthodes de notation interne du risque.

  • il accélère la prise de décision qui se doit être rapide pour un crédit à la consommation d’un montant modéré.

  • le crédit scoring s’applique tout particulièrement aux crédits à la consommation et l’analyse du risque présenté par un particulier lors de l’ouverture d’un compte ou de la vente d’une carte bancaire.

  1. Evaluation du risque de crédit aux entreprises

Les crédits destinés aux entreprises sont plus variés que les crédits aux particuliers et leur montant est beaucoup plus élevé. Évaluation du risque de crédit aux entreprises repose sur le diagnostic financier de l’entreprise avec ses trois étapes habituelles :

  • la collecte des informations sur l’emprunteur

Cette collecte ne se limite pas aux comptes annuels mais également la connaissance des marchés et produits sur lesquels le client s’opère et la compréhension de la stratégie qu’il développe et de la moralité des dirigeants de l’entreprise.

  • analyse de la situation financière de l’emprunteur

À ce stade tous les instruments nécessaires de l’analyse financière qui sont fort nombreux et qui dépasse le cadre de cet exposé, on se limitera à quelques observation.

Le banquier étant créancier l’analyse du risque de contrepartie est centrée sur la solvabilité de l’emprunteur c’est-à-dire son aptitude de ses dettes exigibles avec ses actifs cet analyse va différer selon la demande de crédit concerne l’exploitation ou l’investissement.

S’il s’agit d’un besoin de trésorerie à court terme, il convient de vérifier la solvabilité de l’entreprise dans les semaines ou les mois à venir : encaissera –t-elle suffisamment de recettes pour rembourses les crédits

S’agit il d’un crédit d’investissement l’analyse repose sur les perspectives de développement, l’activité nouvelle engendrée par l’investissement dégagera-t-elle une marge suffisante

  • la prise de décision

Accord ou refus de la demande de crédit selon le résultat de l’analyste-crédit.

la gestion d’un dossier de risque de crédit (dossier spécial : risques du crédit)

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Les étapes du processus de gestion:

A- Sollicitation :
Autrefois la situation concurrentielle entre les institutions financières permettait aux banquiers d’être relativement passifs face à leurs activités de crédit alors qu’ils attendaient les demandes de crédit de leurs clients. De nos jours, les banquiers doivent pratiquer un marketing très pro-actif de leurs services de crédit en ciblant une clientèle et même des individus spécifiques et en les sollicitant directement.
B) Cueillette d’information :

Si le client potentiel manifeste le désir d’obtenir du crédit, alors le banquier commence à constituer le dossier de crédit. La nature de ce dossier dépend évidemment du genre de client et du type de crédit demandé. En effet, la banque n’a pas besoin de la même information pour un particulier qui demande un prêt hypothécaire pour l’achat d’une maison que pour un entrepreneur qui désire une marge de crédit commerciale.
Si l’on prend l’exemple d’un prêt à une PME, la première source d’information est le client en tant que tel qui fournit le dossier de l’entreprise, ses rapports annuels, une description du projet d’investissement ainsi que les prévisions financières. La seconde source d’information disponible est la banque de données que la banque possède déjà sur ce client compte tenu des relations antérieures de l’institution financière avec ce dernier. Les observations obtenues peuvent être sur des prêts antérieurs ou en cours, ou sur les transactions quotidiennes du client. Finalement, la banque peut obtenir de l’information de la part de tiers : des agences de crédit (un bureau de comptable, des fournisseurs de l’entreprise cliente ou des firmes d’experts pouvant donner une opinion sur le projet envisagé par le client (étude de faisabilité et/ou étude de marché)
En recueillant cette information, le chargé de compte doit continuellement juger de la fiabilité de la source ainsi que de la valeur de l’information fournie. Le processus de cueillette d’information est très coûteux et la banque doit optimiser cette étape en s’assurant que la valeur de l’amélioration de la décision de crédit (va-t-on prêter ou non) est supérieure au coût d’obtention ou de production de l’information.

C) Constitution du dossier

En général, le dossier de crédit comprendra les éléments suivants :

  1. Identification et bref historique de l’entreprise
    Description du plan marketing de l’entreprise : ses produits, sa segmentation de marché, sa distribution, ses promotions et ses prix
  2. Description des opérations d’approvisionnement et de production de la compagnie ainsi que l’appréciation de ses équipements et de sa technologie
  3. Évaluation de la main d’œuvre et des relations de travail
  4. Évaluation de la direction : intégrité, stabilité et compétence (formation, expérience et résultats antérieurs)
  5. Analyse des résultats financiers de l’entreprise
  6. Examen du motif de la demande de crédit et des projections financières.

Il est nécessaire de passer ainsi en revue l’ensemble de l’entreprise et de porter un diagnostic sur tous les aspects de son fonctionnement parce qu’une défaillance dans n’importe lequel des points mentionnés ci-dessus peut entraîner la faillite de l’entreprise et donc des pertes pour ses créanciers.

D) Analyse du dossier

Après l’obtention de l’information désirée, celle-ci doit être traitée de manière qualitative par le chargé de compte ou de manière quantitative par un système informatisé ou autre. Les différentes méthodes de calcul du risque de crédit seront vues en détail dans la section suivante.

E) Décision de prêter

La décision de prêter ou non, suite à l’analyse du dossier de crédit du requérant, peut entraîner 2 types d’erreurs. La première, l’erreur de type I, survient quand la banque accepte d’offrir du financement à un emprunteur qui fera éventuellement défaut. Les probabilités d’occurrence sont assez faibles (1 – 5% selon la conjoncture économique et la clientèle) mais le montant en jeu est très élevé, soit la totalité du montant résiduel. La deuxième erreur, celle de type II, arrive lorsque l’institution financière refuse le prêt à un client qui aurait honoré parfaitement son engagement. La probabilité est très forte (entre 95% et 99%) mais le coût d’opportunité est relativement faible (3 – 6% du montant prêté). Évidemment, « les péchés par commission (prêter à un mauvais emprunteur) sont beaucoup plus visibles et répréhensibles que les péchés par omission (refuser un prêt à un bon emprunteur) ».

Il est donc important pour une banque de tenter de prendre la décision qui comporte le coût le plus faible.

Les décisions de crédit pour les prêts au détail, par exemple les prêts aux particuliers, sont généralement à deux issues : accepter ou rejeter la demande. En effet, à cause du faible montant d’argent en jeu (par rapport au portefeuille de prêts total de la banque), le coût de recherche d’information sur l’emprunteur est souvent supérieur au revenu d’intérêt du prêt. La banque a habituellement défini un ratio d’endettement cible et les clients dépassant ce ratio ne sont pas admis et ceux respectant le plafond voient leur demande de prêt acceptée. Tous les clients acceptés sont souvent perçus comme ayant le même niveau de risque et, par conséquent, la même prime de risque (et donc le même taux d’intérêt) est chargée.

On peut donc affirmer qu’au niveau des prêts au détail, l’institution financière contrôle son risque de crédit en rationnant le crédit, c’est-à-dire en imposant des réserves sur le niveau d’emprunt disponible pour un même emprunteur, plutôt qu’en jouant avec les taux d’intérêt ou autres conditions.

Au niveau agrégé, lorsque la banque joue avec les taux d’intérêt afin de tenir compte des différents niveaux de risque des emprunteurs, elle peut toutefois se retrouver avec un autre problème sur les épaules car si elle exige un taux relativement élevé à un emprunteur dont la qualité de crédit est faible, celui-ci n’aura d’autre choix que d’investir les fonds dans un projet particulièrement risqué afin que le rendement de ce projet soit supérieur au taux d’intérêt sur son emprunt pour le financer. Puisque les projets risqués ont plus de chance d’échoir, l’emprunteur fera défaut et la banque ne sera pas remboursée. Cette situation suggère que des taux d’intérêt très élevés sur les contrats de prêt peuvent faire diminuer l’espérance de rendement des institutions financières. De plus, il est logique que seuls les emprunteurs ayant des projets risqués en tête acceptent ces taux élevés, alors que les emprunteurs dont les projets d’investissement sont plus raisonnables ne seront pas intéressés à payer une prime si élevée. Cela aura pour conséquence néfaste de réduire la qualité de crédit du bassin d’emprunteurs potentiels de la banque.

Donc, plus le taux d’intérêt exigé est faible, plus il y aura d’emprunteurs car même pour ceux dont le projet n’est pas très risqué (et donc dont le taux de rendement n’est pas très élevé), emprunter sera tout de même rentable car le taux d’intérêt payé sur le prêt sera inférieur au taux de rendement obtenu sur l’utilisation des fonds. On constate donc une relation inverse entre le taux d’intérêt et le nombre de prêts, ce qui explique pourquoi lorsque les taux sont élevés, la croissance économique est plus faible.

F) Élaboration de l’offre de crédit

L’offre de crédit comporte plusieurs éléments :

Le montant du prêt : celui-ci doit correspondre au besoin du projet ainsi qu’à la capacité de remboursement de l’emprunteur. Le prêteur peut proposer un ajustement à la hausse ou à la baisse du montant demandé. Évidemment, plus le montant accordé est élevé, plus l’exposition au risque de crédit de la banque est élevée car le montant en jeu est plus grand.

Le taux d’intérêt : celui-ci doit refléter le niveau général des taux d’intérêt dans l’économie, l’échéance du prêt et la prime de risque que requiert le prêt. Il faut toutefois faire attention à la relation circulaire existant entre la probabilité de défaut et la prime de risque. En effet, plus les entreprises sont risquées plus la prime de risque sera élevée, mais d’un autre côté, plus on impose une prime élevée à l’emprunteur, plus sa probabilité de ne pas rembourser est forte puisque son fardeau financier est grand. Cela explique le fait qu’il y ait certaines demandes de crédit pour lesquelles il n’y a aucun taux d’équilibre et par conséquent la seule issue est le refus de prêter.

La période d’amortissement : qui correspond à la durée totale de remboursement du prêt et celle de renégociation du taux d’intérêt qui dépend de la spéculation que l’emprunteur désire effectuer face à l’évolution des taux et du risque que la banque est prête à lui laisser encourir.

Les garanties exigées : celles-ci peuvent prendre plusieurs formes tels que des comptes à recevoir, des stocks, de l’équipement, des immeubles, des valeurs mobilières, des cautions personnelles et peuvent provenir d’une compagnie-mère ou du gouvernement. De plus, le créancier peut exiger des assurances sur les biens donnés en garantie ainsi que sur la vie de certaines personnes clés.

Les clauses de gestion imposées : les prêteurs imposent souvent des clauses de gestion plus ou moins restrictives à l’entreprise emprunteuse, comme par exemple sur le type de projet permis, sur des limites au versement de dividendes ainsi que sur des limites à l’endettement futur. Ce qui motive la banque à introduire ces restrictions est le risque moral qui survient après la signature du prêt. En effet, après avoir reçu son crédit, l’entreprise peut être tentée d’augmenter sa richesse espérée en augmentant son niveau de risque (l’entreprise a alors plus de chance d’obtenir davantage de bénéfices mais a également plus de chance d’avoir des pertes plus grandes), ceci bien sûr au détriment de la banque qui risque de ne jamais recouvrer son prêt. La banque essaie donc d’éviter ces abus en imposant diverses clauses qui restreignent le comportement des emprunteurs et les empêchent d’augmenter trop leur niveau de risque actuel. Le viol de ces dispositions donne le droit au prêteur d’exiger le remboursement immédiat du prêt. Dans ces situations, dites de défaut technique, l’institution financière donne habituellement des avertissements et cherche à faire corriger la situation avant de prendre des mesures extrêmes.

Négociation et signature du contrat : Si le client considère que l’offre de crédit établie par la banque n’est pas avantageuse, par exemple si le montant accordé est trop bas, si le taux d’intérêt est trop élevé, si les garanties sont trop considérables ou si les clauses de gestion sont trop restrictives, il doit renégocier avec l’institution financière les termes du contrat jusqu’à ce que les deux parties arrivent à un accord. Évidemment, le pouvoir de négociation du client dépend de la taille de ce dernier, de son capital, de l’historique de sa relation avec la banque, du niveau de risque du projet et des offres alternatives qu’il peut avoir.

Déboursé : Lorsque le contrat est signé, la banque doit procéder au versement du montant accordé au client. Cette opération est parfois divisée en plusieurs étapes correspondant au degré de réalisation du projet. Bien entendu, avant chaque versement, l’institution financière vérifie si les engagements pris par l’emprunteur sont respectés.

Suivi et intervention

La banque exige généralement de recevoir au moins le rapport annuel de l’entreprise, mais elle peut aussi demander des états financiers trimestriels et le détail des comptes à recevoir et des stocks (qui servent souvent de garantie). Si la banque juge que la situation de l’entreprise se détériore, elle augmentera la fréquence des contrôles des résultats. Après l’analyse de cette information, l’institution financière attribue une cote de risque à l’emprunteur et si cette cote est trop faible (par exemple en situation de défaut), la banque peut intervenir de plusieurs façons, allant de certaines concessions quant au remboursement du prêt (par exemple en diminuant le montant à rembourser) à l’imposition des administrateurs de son choix sur le conseil d’administration de l’entreprise.

Conclusion du prêt

Le contrat du prêt peut se terminer de différentes façons : a) l’emprunteur peut rembourser tel que prévu dans le contrat, b) l’emprunteur peut décider de renouveler sa demande de crédit, c) l’emprunteur peut demander une renégociation de son emprunt avant l’échéance, d) l’emprunteur peut faire défaut à ses obligations temporairement et éventuellement y remédier, ou e) les difficultés financières de l’emprunteur peuvent l’amener à la faillite et la banque ainsi que les autres créanciers saisiront alors l’entreprise et la liquideront.

Définition et sources du risque de crédit (dossier spécial : risques du crédit)

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  • Définition du risque de crédit :

Le risque de crédit est le risque que l’emprunteur ne rembourse pas sa dette à l’échéance fixée.
Exemples:

  • Un client utilise son compte courant pour effectuer des paiements: si la banque autorise le client à rendre son compte débiteur, il y a risque de crédit.
  • La banque négocie une vente à terme d’EURO contre Dollar avec une autre banque. A la date de valeur, la banque émet son paiement EURO en direction de sa contrepartie. Elle s’expose au risque que la contrepartie ne paie pas les dollars.

Le risque de crédit est présent dans tous les contrats financiers et constitue la principale source de pertes pour les institutions financières

Les défauts et les faillites ont atteint des niveaux sans précédent durant les dix dernières années touchant les plus grandes entreprises au monde

la mesure et la gestion du risque de crédit ont pris de plus en plus d’importance dans l’industrie bancaire, suscitant le développement de nouveaux outils et moyens permettant de minimiser les pertes

  • Les sources du risque de crédit:

Il existe cinq sources principales de vulnérabilités ou de risque actuels, la première regroupant des risques macroéconomiques et les quatre autres étant de nature davantage spécifique au risque de crédit.

  • les risques macroéconomiques reflètent notamment le degré d’exposition des économies aux chocs externes, tels que la hausse des cours du pétrole ou des matières premières, la persistance des déséquilibres macro-financiers, notamment outre-Atlantique, ou encore la crainte d’une remontée brutale des taux d’intérêt de marché .
  • la progression rapide du crédit notamment à l’habitat dans certains pays où les agents économiques paraissent par ailleurs lourdement endettés .
  • la valorisation du risque, plusieurs participants ayant le sentiment que les marchés sous-estiment à présent le risque de crédit, en particulier si l’on considère le très bas niveau des spreads de crédit .
  • la concentration éventuelle des risques sur un nombre limité d’institutions ou sur des secteurs — tels que les assurances — auxquels une part importante des risques de crédit aurait pu être transférée, via l’utilisation de dérivés de crédit.
  • l’interdépendance croissante entre les différents secteurs financiers.

Les différents types de risque bancaire (dossier spécial : risques du crédit)

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  • Le risque de crédit : résulte de l’incertitude quant à la possibilité ou la volonté des contreparties ou des clients de remplir leurs obligations, il existe donc un risque pour la banque dès lors qu’elle se met en situation d’attendre une entrée de fonds de la part d’un client ou d’une contrepartie de marché.
  • Le risque opérationnel : Le comité de Bâle définit le risque opérationnel comme le « risque de pertes provenant de processus internes inadéquats ou défaillants, de personnes et systèmes ou d’événements externes ».

Cette définition recouvre les erreurs humaines, les fraudes et malveillances, les défaillances des systèmes d’information, les problèmes liés à la gestion du personnel, les litiges commerciaux, les accidents, incendies, inondations, … Autant dire que son champ d’application semble tellement large qu’on n’en perçoit pas d’emblée l’application pratique. En général, le risque opérationnel est   tout événement qui perturbe le déroulement normal des processus métier, et qui génère des pertes financières ou une dégradation de l’image de la banque (bien que cette dernière conséquence ait été explicitement exclue de la définition du comité de Bâle, elle n’en reste pas moins au centre des préoccupations).

Le risque du marché : Une banque peut placer une partie de ses dépôts sous forme de titres, actions ou obligations. La valeur de ces titres fluctue sur le marché, selon : Les taux, Les cours de change, Les cours des actions…
Toute variation de ces données a un impact sur les positions et les portefeuilles détenus

Risques du crédit : Introduction (Dossier spécial)

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Introduction générale
:

Depuis de très nombreuses années, le risque de crédit est l’une des causes majeures de la volatilité des résultats des entreprises et des institutions financières. Comme toute entreprise, un établissement de crédit est exposé à une multitude de risques, classés maintenant en trois grandes catégories : risques de marché, risques de crédit et risques opérationnels qui peuvent entraîner sa défaillance et sa faillite. La gestion de ces risques est en évolution constante et recouvre plusieurs aspects, dont notamment le respect des limites et le calcul de capital…

Le risque de crédit est très important pour les banques, les émetteurs d’obligations et leurs investisseurs. Il est soumis à la fois aux cycles économiques, à la conjoncture du secteur d’activité, au risque pays et aux événements propres à la vie de l’entreprise. Il diminue en phase d’expansion économique, car les gains considérables engrangés par les entreprises durant cette période réduisent de fait la probabilité de défaillance ; il augmente en période de récession, car les gains diminuant, les entreprises se retrouvent plus souvent que d’habitude dans des difficultés pour rembourser leurs emprunts bancaires ou obligataires.

Le crédit est une anticipation de recettes futures. Tout crédit comporte le risque que ces recettes ne se produisent pas et qu’aucun remboursement ou bien seulement un remboursement « particuliers » à l’échéance, Ce risque appelé risque d’insolvabilité est essentiel dans l’activité de la banque dont une des fonctions est la distribution de crédits. L’appréciation du risque d’insolvabilité est donc une première importance et on peut schématiser ainsi le comportement de la banque conférée à ce risque ; un crédit n’est accordé que si le banquier estime que la probabilité de remboursement excède celle de non remboursement.

Dans cet exposé on va essayer de partir du général au particulier, premièrement on va définir les différents types de risques, et puis on va se focaliser sur le risque crédit, et surtout voir comment les banques se prémunissent contre ce genre de risque.

Le bizutage – Une loi l’interdit, le bizitage couchemar des nouveaux etudiants

La loi du 17 juin 1998, dit que le bizutage est un délit, l’article 225-16-1 prévoit des sanctions pénales de 6 mois de prison, ainsi que des amendes de 7500 euros, l’amende et la peine de prison étant doublées si la victime est mineure ou vulnérable, le texte de loi stipule « qu’il est interdit de la part d’une personne à amener autrui, contre son gré ou non, à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées au milieu scolaire et éducatif. » Bons nombres de bizutages, se sont mal terminés, les étudiants ou personnes victimes de bizutage, ne voulant plus retourner à l’université ou grande école. Ils connaissent pour pas mal d’entres eux, des réactions dépressives, doivent voir des psychiatres ou psychologues, car les personnes perdent leurs repéres et abandonnent souvent leurs études et sont victimes d’ effets traumatisants. Il faut encourager les victimes à déposer plainte contre le bizutage et surtout en parler. Il ne faut surtout pas rester sur un sentiment d’échec. Les bizuts doivent impérativement refuser de passer des épreuves stupides, dégradantes, dangeureuses, violentes et de se soumettre aux humiliations etc….. Le Ministère de l’Education Nationale a mis en service avec un numéro de téléphone azur « SOS VIOLENCE ». Vous êtes désormais protégés contre le « bizutage », les « usinages », la loi du silence c’est finie !!!!

Le bozutage c’est quoi ? (selon wikipédia)

En France, la définition donnée du bizutage, provenant de l’article 14 de la loi du 17 juin 1998, est :
« Le fait pour une personne, d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations, ou de réunions liées aux milieux scolaire et socio-éducatif. »

Europe

France
On nommait jadis bizutage un certain nombre de rites, qui en sont parfois arrivés aux limites de la brimade, voire du racket (« taxe » des 3/2 par les 5/2 en taupe dans les années 60).

La pratique du bizutage sous cette forme, en raison de ses abus, a fini par être officiellement interdite sous le ministère de Ségolène Royal. Le Code pénal français définit le bizutage comme un ensemble d’actes humiliants ou dégradants en milieu scolaire (Livre II, titre II, Chapitre V, Section 3 bis, Article 225-16-1). Il est puni de six mois de prison et 7 500 euros d’amende.

On continue cependant à désigner sous ce nom un certain nombre de « cérémonies d’accueil » ou « journées d’intégration » des jeunes promotions, se voulant aujourd’hui une tendance plus humoristique et se donnant juste pour but de dissuader lesdits nouveaux d’attraper la « grosse tête » du fait de leur admission, et créer de fait un esprit de cohésion entre membres d’une même promotion.

Certains établissements, comme par exemple l’École des mines de Nancy, avaient aboli le bizutage-brimade dès 1957, et l’avaient remplacé par une série d’« exploits » que les nouveaux devaient accomplir pour prouver leur esprit débrouillard ou farceur (faire sonner à minuit les cloches de la cathédrale, par exemple).
Amériques
L’une des traditions annuelles les plus célèbres est le Ditch day du California Institute of Technology (Caltech), ainsi dire un bizutage inversé : les anciens quittent le campus pendant vingt-quatre heures, et les nouveaux disposent de ce laps de temps (mais se sont souvent préparés pendant des mois) pour « piéger » leurs chambres par tous les moyens possibles et imaginables (on en vit parfois certaines transformées en piscines, ou leurs portes murées de façon totalement indécelable). Il appartient aux anciens, guidés eux-mêmes par les enseignements anciens de leurs aînés, de prévenir ces pièges ou à défaut, au moyen de leur seule sagacité, de les déjouer.
Les controverses autour du bizutage
Le bizutage, pratique sociale répandue et ritualisée, a donné lieu à une multitude d’analyse, parfois très divergentes. Ainsi, certains psychologues parlent de traumatismes, de régression infantile et bestiale, de défoulement collectif. D’autres, comme Michael Houseman, ont mis en avant le rôle social du bizutage, qui établit les nouvelles hiérarchies à l’intérieur de l’école et entre l’école et l’extérieur. Certains voient dans le bizutage un moyen pour le groupe de se protéger et/ou de se constituer. D’autres voient dans le bizutage un rite d’initiation, de passage, au terme duquel le nouvel arrivant acquiert le statut de membre de la communauté étudiante. Ainsi selon l’interlocuteur le bizutage peut-être un rituel, certes un peu bizarre, mais néanmoins indispensable pour éviter l’anomie et l’effritement de la société, alors que pour d’autres c’est un fléau à combattre absolument.

Le bizutage: un rite de passage?

rite de passage Arnold Van Gennep

Le bizutage peut être assimilé à un rite de passage dans la mesure où il permet, croient les bizutés et les bizuteurs, d’accéder à un nouveau statut et de faire partie d’un groupe. On le retrouve selon les mêmes règles dans des établissements différents à des époques différentes. La première phase est celle de la séparation, de la coupure des attaches. Dans les cas les plus clairs, le futur initié n’a plus ni nom, ni passé, ni droits. Il est réduit à l’état de chose. Son apparence physique change, il porte une parure imposée, souvent ridicule, comme par exemple la blouse grise chez les gadzarts. Il doit perdre tout signe extérieur distinctif rappelant son ancien statut et sa personnalité. Cette négation est renforcée par la perte de patronyme. Le nouveau est affecté d’un sobriquet dévalorisant, voire d’un numéro. Ensuite, succède à cette phase une période décisive, celle du rite de marge, de la vie marginale. Elle permet la  » mise à plat  » des personnalités et l’apprentissage de la culture propre à l’école, de ses coutumes et de son langage. Cette prise en main est le plus souvent brutale et sans appel. Les anciens créent un climat de panique, mettent en place une mise en scène impressionnante, multiplient les insultes et les punitions. Calqué sur une symbolique militaire, le dressage va tenter de fondre chaque individu dans le groupe et ne lui laisser comme alternative que la soumission ou l’exclusion. Enfin, survient la sortie de l’initié, son agrégation au groupe. Elle est le plus souvent symbolisée par une fête générale. Anciens et nouveaux sont alors sur un pied d’égalité. L’administration y participe généralement. Ce rituel permet l’intégration des nouveaux au groupe.

M. Segalen, dans Rites et rituels contemporains (1998), complète ce point de vue. Pour lui, dans les bizutages comme dans les rites d’initiation africains, le rituel vise à façonner un homme nouveau. Il constitue un groupe de pairs, une communauté soudée. Le bizutage permet au groupe de sélectionner et de reconnaître les plus aptes, il teste l’endurance physique et psychologique des nouveaux. Ainsi, le bizutage est bénéfique ; pour l’administration, car il met en place une communauté d’élèves avec laquelle elle pourra dialoguer, mais aussi pour la société car elle met en place des solidarités intermédiaires entre les individus et l’Etat et évitent une trop grande individuation.

Ces arguments sont souvent repris par les bizuteurs. Ceux-ci, surtout quand le bizutage existe depuis longtemps, défendent le sens de cette manifestation, ainsi que les valeurs et les traditions qu’il perpétue. Pour eux le bizutage crée une communauté fraternelle (ainsi le mot d’ordre du bizutage au Gadzarts est la Frat’ss, ou la fraternité) et il perpétue l’esprit de l’école. Ceux-ci mettent aussi l’accent sur les relations chaleureuses entre étudiants qu’il crée, ce qui permet de compenser un esprit de compétition trop vif.

Les différences entre bizutage et rite d’initiation:

Les adversaires des explications anthropologique du bizutage font remarquer les nombreuses différences importantes entre les rites d’initiation des sociétés pré-modernes et les bizutages modernes. Tout d’abord, dans le déroulement : ce ne sont pas des adultes qui donnent l’initiation aux jeunes mais des jeunes qui forcent des plus jeunes à leur obéir. Dans les cérémonies traditionnelles le but est de transmettre une mythologie, des enseignements, ce qui n’est souvent pas le cas dans le bizutage. De plus, le bizutage ne fait pas passer l’enfant au statut d’adulte. Le nouveau obtient seulement un statut transitoire d’étudiant. La différence est que nous sommes aujourd’hui dans des sociétés de l’écrit, ou le vrai rite de passage est l’examen. Le bizutage ressemblerait donc plus à un simulacre d’initiation, à une cérémonie qui n’aurait pas, loin de là, le sens et l’importance d’un rite de passage. Le bizutage serait donc, au sens de ses détracteurs, rien d’autre que ce qu’il semble être à première vue, c’est-à-dire une humiliation publique.

Bizutage militaire d'un officier pilote - Compiègne, France - 1997

Bizutage militaire d’un officier - Compiègne, France – 1997

Dossier : L’’Expertise Comptable et l’’Enseignement

De nombreux étudiants et experts-comptables stagiaires s’interrogent sur la place de l’enseignement comme débouché possible pour un titulaire du DESCF ou de l’Expertise- Comptable
De nombreux jeunes diplômés se demandent s’il est possible d’exercer parallèlement une activité libérale d’expert-comptable et une activité d’enseignement.
Notre propos sera ici de présenter l’intérêt, les possibilités ou les contraintes liées à une activité d’enseignement pour un jeune diplômé d’expertise-comptable.

Plusieurs cas sont à envisager :

Expert-Comptable inscrit à l’Ordre et activité d’enseignement

C ’est le cas le plus courant : un jeune diplômé s’inscrit au tableau de l’Ordre et cherche à développer une clientèle. N’ayant pas le droit de faire de la communication directe et, sauf à racheter immédiatement une clientèle ou à effectuer de la sous-traitance pour le compte de son ancien maître de stage, il sera tenté de se tourner vers l’enseignement pour assurer un minimum de revenu.
L’enseignement est alors considéré au départ comme une solution provisoire, devant être progressivement abandonnée avec l’arrivée d’une clientèle classique d’expertise-comptable.

L’activité d’enseignement à titre de vacataire dans des établissements publics ou privés

Le cas général : le jeune expert-comptable va chercher à donner des cours : il peut contacter directement des écoles privées, des écoles de commerce, des universités, les rectorats pour proposer ses services (une lettre de motivation manuscrite avec CV s’imposent).
Il faut savoir que le « turn-over » est important chez les vacataires ; les établissements apprécient ces candidatures, et en particulier les Universités dont la réglementation interdit de recruter des personnes qui ne sont pas déjà socialement couvertes à titre principal (elles ne peuvent donc pas recruter, par exemple, des chômeurs ou des étudiants de plus de 27 ans..).

L’expert-comptable est aussi apprécié dans les établissements privés : facturant ses services en honoraires, l’établissement ne paiera généralement pas de charges sociales (bien que le Code de la Sécurité Sociale soit très clair à ce sujet : étant dans un état de subordination de fait, l’expert-comptable doit être assimilé à un salarié et l’employeur de s’acquitter de ses cotisations).

Si l’expert-comptable est en plus inscrit comme animateur de formation continue, ses interventions se font hors TVA : l’établissement d’enseignement privé ne récupérant généralement pas la TVA (activité exonérée), c’est un avantage concurrentiel pour l’intervenant.

Que prévoit la réglementation de la profession d’expert-comptable ? : les activités d’enseignement privé constituent des missions accessoires : c’est -à-dire que normalement, l’expert-comptable doit exercer son activité principale par un travail classique de cabinet (art 2 de l’ordonnance 45-2138 du 19 septembre 1945).

Je n’ai pas connaissance, mais le cas est envisageable, qu’un Conseil Régional de l’Ordre des Experts-Comptables rappelle à la réglementation un confrère qui exercerait, depuis plusieurs années, des activités d’enseignement privé à titre principal.
Le taux de rémunération de l’expert-comptable est variable selon les écoles, le niveau d’enseignement ou la région d’exercice, mais un taux horaire d’environ 50 à 75 € HT me semble être assez réaliste.

En université, une heure de TD (devant un groupe de 26 étudiants) est payée 38 € (une heure d’amphithéâtre étant évaluée à 1,5 heures de TD).

Peut-on en vivre ?
Il faut savoir qu’une charge d’enseignement complète en Bac+3 (DECF par exemple) ne peut guère dépasser 15 à 20 heures par semaine : préparations très lourdes, obligations d’enseigner plusieurs matières pour arriver à un tel quota d’heures, établissements différents…

Le Code de la Sécurité sociale estime d’ailleurs qu’une heure d’enseignement équivaut à 3 heures de travail classique dans le privé (assurance maladie, chômage).
Si l’on ajoute à cela le fait que pendant trois mois par an les enseignants vacataires ne sont pas payés, et que les cotisations sociales afférentes au simple fait de s’inscrire comme expert-comptable indépendant à l’OEC atteignent dès le début d’activité près de 4500 € par an, on déduit facilement qu’une seule activité d’enseignement n’est pas viable, sauf à accepter des revenus extrêmement faibles.

En conclusion : Donner des cours comme vacataire pour un jeune expert-comptable inscrit, peut être une solution d’appoint: en faire une activité principale est contraire à la réglementation professionnelle et n’est pas, sauf rares exceptions, viable sur le plan financier. Les charges fixes professionnelles étant trop lourdes à supporter.

Les contractuels et vacataires de l’Education Nationale :
Il existe actuellement deux catégories d’enseignants non titulaires dans l’enseignement du second degré :

  • Les contractuels qui signent un contrat avec le Recteur de leur Académie : le contrat est de un an (plutôt 10 mois car les congés ne sont pas payés) pour un service de 18 heures par semaine généralement.
  • Les vacataires pour des contrats de 200 heures par an, signés avec le Chef d’établissement (le proviseur).

Quelques experts-comptables choisissent ces formules qui présentent l’avantage d’apporter immédiatement un certain volume d’heures. Par contre, il n’y a guère de souplesse pour les horaires : le danger est de ne pas pouvoir développer une activité parallèle, et de s’enfermer dans l’enseignement et ici dans la précarité.

Le Maître de Conférence Associé : c’est un contrat à durée déterminée proposé par une université à des enseignants vacataires réputés ou que l’on veut faire venir ou, ayant faits leurs preuves pendant plusieurs années. Il s’agit d’un contrat de 96 heures de cours par an pour un salaire d’environ 1000€ par mois.
Cette solution est quasiment inaccessible au jeune expert-comptable qui débute dans l’enseignement.

Diplômé d’Expertise-Comptable (non inscrit) et activité principale d’enseignement

s’agit donc de jeunes diplômé(e)s qui choisissent d’abandonner l’exercice libéral pour de multiples raisons, on peut en évoquer ici trois principales :

  • soit par ce que leur stage ne leur a pas donné satisfaction.
  • soit parce que n’ayant pas de relations, ils ne pensent pas pouvoir couvrir les frais fixes professionnels.
  • soit parce qu’il s’agit de jeunes mères de famille, qui souhaitent avoir du temps pour leurs enfants tout en apportant un complément de revenu au foyer.

Concrètement, il s’agit d’enseigner en Ecole de Commerce privée (type ESC), ou dans des classes préparatoires privées au DPECF/DECF.
Les contrats sont de droit privé et tout est négociable : heures de travail, emploi du temps, salaire.
De par mon expérience, je dirais que ce sont des gens qui effectuent environ 20 heures par semaine sur 4 jours(avec un public facile car très motivé), dans une ou deux spécialités.
C’est une très bonne solution pour qui veut abandonner l’exercice libéral , cela évite de passer par le concours d’agrégation ou la thèse. Par contre les places sont rares et le licenciement ou la faillite de l’école (ex :ICS Bégué à Paris) sont toujours possibles…

Professeur permanent dans un établissement privé

On commence rarement comme professeur permanent : le jeune diplômé se verra confier quelques heures de cours la première année (4 à 6 heures par semaine) ; puis, donnant satisfaction, on lui proposera d’intervenir sur d’autres modules.
Payé tout d’abord à l’heure, il pourra ensuite évoluer vers un contrat d’enseignant permanent (CDI) prévoyant un volume annuel pour une rémunération globale.

Concrètement, il faut viser les ESC ou des préparations au DECF importantes telle l’ENOES à Paris.
L’avantage par rapport au fonctionnaire est d’être certain d’effectuer un travail intéressant : il a été dit plus haut combien il est difficile dans le public d’obtenir des classes préparatoires.
Un public motivé, sociologiquement très privilégié (jusqu’à 7000€ de frais de scolarité par an…) ; mais aussi souvent des classes ou effectifs surchargés (plus de 50 étudiants dans la classe…), et donc un travail lourd à préparer et des heures d’enseignement stimulantes, mais très fatigantes.

Professeur vacataire dans plusieurs établissements publics et privés

Le cas est fréquent de rencontrer de jeunes diplômés d’expertise-comptable qui enseignent comme vacataires dans divers établissements.
Contrairement à la démarche de celui qui est aussi inscrit au tableau, il s’agit généralement ici d’une position d’attente, d’une transition.

Les vacations dans le secteur public ne sont possibles que pour celui qui dispose déjà d’une couverture sociale. Concrètement, cela signifie qu’il doit justifier d’une activité salariée d’au moins 1000 heures par an (ou 333 heures d’enseignement) chez un ou plusieurs employeurs privés

Si l’on considère qu’une année scolaire comporte environ de 32 à 35 semaines (un peu moins dans les Ecoles de Commerce ou d’Ingénieurs qui envoient en stages leurs étudiants), cela veut dire que le secteur public n’est ouvert qu’à celui qui justifie déjà d’une dizaine d’heures d’enseignement par semaine, ce qui est loin d’être évident en province ou pour celui qui débute.

Le « multi-vacataire » non inscrit à l’Ordre, a l’avantage de ne pas subir les cotisations professionnelles, ce qui place son seuil de rentabilité à revenu constant à un niveau plus bas ; par contre si financièrement c’est un peu plus facile, il n’y a guère d’espoir de développement.
Enfermé dans l’enseignement, à la recherche constante d’heures de cours, il risque de s’enfoncer dans la précarité, de perdre son acquis professionnel.
Cette situation est dangereuse si elle ne débouche pas rapidement sur une position de professeur permanent ; elle ne doit donc être que temporaire ou la résultante d’une situation familiale particulière (mères en charge de jeunes enfants par exemple).

Fonctionnaire à l’Education Nationale

Cela concerne, rappelons-le, un diplômé d’expertise-comptable qui ne souhaite pas s’inscrire à l’Ordre.
Il s’agit souvent d’un enseignant ayant fait son stage en cabinet à mi-temps comme le prévoit la réglementation du stage.
Obtenant son diplôme d’expertise, mais satisfait du poste qu’il détient à l’Education Nationale, il ne souhaite pas exercer en libéral.

Il s’agit aussi d’experts-comptables diplômés qui, pour diverses raisons, passent les concours de fonctionnaires.
On rencontre généralement des personnes qui privilégient leur qualité de vie.
Le sacrifice financier étant considérable (un professeur agrégé effectue sa carrière à un revenu même pas égal à la moitié de celui d’un expert-comptable…), on y trouve des personnes de sexe féminin ou, des hommes ayant par ailleurs une situation patrimoniale somme toute confortable.
Généralement le conjoint est enseignant et les ascendants ont une culture de service public.
L’enseignant pourra faire quelques heures supplémentaires, participer aux jurys d’examens, écrire des ouvrages, faire de la recherche, du syndicalisme…
Il pourra aussi évoluer à l’intérieur de l’EN et devenir par exemple IPR ou Inspecteur Général (le Doyen actuel de l’Inspection Générale d’Economie-Gestion est diplômé expert-comptable…)
Il s’agit alors d’une autre vie, d’autres préoccupations…

Les activités complémentaires à l’enseignement

Professeur permanent dans un établissement privé

Le jeune expert-comptable, qu’il soit inscrit ou non, a la possibilité d’exercer quelques activités particulières, souvent spécifiques à notre filière.

La recherche.

Il s’agit d’un domaine complètement occulté du cursus des études comptables, et c’est bien dommage car il y a des activités passionnantes à y faire.
Généralement, on commencera par faire un DEA : soit sous le statut classique d’étudiant, soit grâce à un enseignement à distance tels que ceux proposés par l’Université de Grenoble par exemple. On pourra ensuite intégrer une équipe de recherche, publier, participer à des colloques et des congrès, se faire connaître et peut être rédiger une thèse. Ceci tout en exerçant une activité principale autre (enseignant, expert-comptable), l’intensité de la recherche dépendra alors du temps disponible.
A terme, c’est une possibilité d’activité rémunérée complémentaire (développement relationnel, entrée dans des cercles jusqu’alors inconnus..).

La thèse, la spécialisation et la recherche sont d’ailleurs indispensables pour qui souhaite enseigner à HEC ou l’ESSEC par exemple, où l’expertise-comptable n’est plus suffisante…

Les jurys d’examens.

La filière comptable est particulièrement riche en ce domaine, tous les jeunes EC le savent et pour cause…
Epreuves écrites et orales du DESCF et de l’expertise- comptable constituent un travail complémentaire intellectuellement intéressant , et rémunéré.
Il faut en principe être agrégé ou expert-comptable pour être au jury du DESCF, professeur des Universités ou expert-comptable pour être au jury du DEC (avec quelques exceptions comme toujours…).
Certains professeurs agrégés sont aussi membres des jurys du CAPET (externe et interne) et de l’agrégation (externe et interne).

Le journalisme et la rédaction d’ouvrages.

Une grande partie des ouvrages de gestion et la quasi-totalité des manuels sont écrits par des enseignants.
Si l’éditeur est réputé, c’est une belle carte de visite (très appréciée par la hiérarchie pour obtenir une classe préparatoire dans le public par exemple..).
Rares sont les cas ou l’on gagne de l’argent à écrire un manuel de gestion : environ 10% du prix hors taxe de l’ouvrage reviennent à l’auteur.
Par contre, le travail peut être considérable.

L’ écriture dans des revues spécialisées (Revue Française de comptabilité, Revue fiduciaire..) reflète généralement une spécialisation de haut niveau.
Activité passionnante pour qui aime écrire, c’est un moyen de rester au sommet.
Cela permet parfois d’avoir un complément de revenu si les publications sont régulières.

Conclusion Générale

Il y a vingt cinq ans, devenir enseignant en étant parallèlement expert-comptable pouvait apparaître comme une aberration.
Aucune difficulté réelle à trouver de la clientèle, les portes des entreprises grandes ouvertes, l’enseignement était considéré comme un dépannage, une roue de secours, une formule à abandonner après un an ou deux.

Aujourd’hui, les choses ont radicalement évolués. La situation économique tout d’abord : les difficultés considérables de l’installation à titre individuel, l’incertitude sur l’évolution d’une carrière en entreprise, le chômage des cadres…

Mais plus encore, les mentalités ont changé.
Cela se perçoit très bien lors des recrutements et lors des enquêtes auprès des étudiants : les jeunes cadres revendiquent le droit à une vie privée, ils veulent du temps libre, s’épanouir personnellement.

Alors y-a-t-il une émergence de la fonction enseignante dans la profession comptable ?
Nous ne disposons pas de statistiques permettant de conclure sur ce point.
Je conseillerais à qui serait intéressé et souhaiterait comme moi « franchir la barrière » de bien se renseigner, car là aussi il se dit tout et n’importe quoi ; de contacter en particulier des enseignants experts-comptables dans des universités, des écoles, des lycées et de parler franchement des choses.

Rien n’est simple, aucune carrière n’est limpide pas plus dans l’enseignement qu’ailleurs.
Mais il ne faut actuellement rien négliger et décider selon ses aspirations, ses opinions, son expérience et sa situation familiale.

On pourra aussi, bien évidemment m’interroger sur le Forum pour des détails plus techniques

Texte écrit par Patrick
Modérateur du Forum Compta-Online.
Membre du jury du DEC.
Expert-Comptable Indépendant.

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